Rachel, fille de Laban et bergère du troupeau de son père, était d’une grande beauté et profondément aimée de Jacob, qui consentit à de longues années de service pour l’obtenir en mariage. Toutefois, malgré cet amour privilégié, elle fut longtemps éprouvée par la stérilité, tandis que Léa mettait au monde plusieurs enfants. Cette épreuve occupa une place importante dans son histoire, jusqu’au jour où Dieu se souvint d’elle, exauça sa prière et la rendit féconde, effaçant ainsi son opprobre (Genèse 29 : 18-20 ; 29:31 ; 30 : 22-23).

« Dieu se souvint de Rachel, il l’exauça et la rendit féconde. Elle devint enceinte, enfanta un fils et dit : Dieu a enlevé mon opprobre. »

La naissance de Joseph marque un tournant décisif dans sa vie, car cet enfant est accueilli comme le signe visible de l’intervention divine. En le nommant Joseph, Rachel exprime à la fois sa gratitude et son espérance, puisque ce nom porte l’idée que Dieu ajoutera encore. Cette attente s’accomplira plus tard avec la naissance de Benjamin. Cependant, ce second enfantement sera aussi celui de l’ultime épreuve : Rachel mourut en le mettant au monde, sur le chemin d’Éphrata, près de Bethléem. Dans son dernier souffle, elle l’appela Ben-Oni, tandis que Jacob lui donna le nom de Benjamin ; puis il dressa un monument sur son sépulcre, perpétuant ainsi sa mémoire (Genèse 30:24 ; 35 : 16-20).

Ainsi, Rachel occupe une place singulière dans le récit biblique. Aimée de Jacob, éprouvée dans son attente, puis visitée par la grâce de Dieu, elle apparait comme une figure de foi, de persévérance et d’espérance. Par Joseph et Benjamin, elle s’inscrit durablement dans l’histoire d’Israël.